Bilten nou pran lapawòl

« Nou pran lapawòl », se yon zouti pou kontinye lit pou mas yo soti nan je wè bouch pe, pou moun sispann pale pou nou. Depi 1994, SAKS ap reyalize bilten sa a, kidonk lane 2012 la fè 18 lane depi “Nou pran Lapawòl” ap akonpaye mouvman kominikasyon popilè a kòm yon zouti edikasyon popilè. Bilten an soti chak 2 mwa.

Haiti-Rép. Dom. : Le journaliste et entrepreneur Ives-Marie Chanel victime d’agression et vol à main armée près de Santo Domingo

Témoignage
Par Ives-Marie Chanel
Transmis à AlterPresse

J’ai été attaqué hier soir (25/09/2014) à 9h28 pm sur l’autoroute « 6 de noviembre » après le pont de Bani en direction de Santo Domingo par 4 délinquants armés de fusils et de pistolets. Ils circulaient à bord d’une Mitsubishi Sport Montero de couleur grise ou or (je ne pouvais pas bien voir). Ils m’ont obstrué la voie et sous la menace de faire feu sur mon véhicule ils m’ont contraint a stopper. Ils m’ont ensuite descendu de force de mon véhicule m’ont frappé au visage et m’ont mis en joue avec un fusil et des pistolets menaçant de m’exécuter (« Baskile zam nan tèt nan kou »). L’un d’entre eux a pris possession de mon véhicule et les deux véhicules ont laissé l’autoroute pour une destination inconnue. Ils m’ont mis la tête sous le siège arrière, sous la pression des bras d’un jeune, qui tenait une arme, dont la mission était de vérifier et enlever tout ce que j’avais dans les poches. (Yon « kle kou » pendant toute l’opération). J’ai été contraint de rester dans cette position afin de ne pas voir où ils m’emmenaient. Ils m’ont également interdit de parler

Deux d’entre eux se sont adressés a moi en créole demandant « lajan, lajan ». Ils ont demandé où est ce que j’habitais à Santo Domingo, si j’avais de la drogue. Je leur ai dit que l’argent n’était pas important et qu’ils pouvaient tout emporter. Je leur ai dit que je n’avais que 3000 US pour me payer des commandes de clients. Ils se sont ensuite arretés pour récupérer le « backpack » qui contenait l’argent dans mon véhicule .Je leur ai indiqué ou ils pouvaient le trouver. Je leur ai demandé de me laisser l’ordinateur, sans quoi je ne pouvais pas continuer à travailler, et mes cartes d’indentification. Ils m’ont enlevé les chaussures et m’ont frappé à à la main avec un pistolet.

Ils m’ont dépouillé de 3080 ou 3100 USD, 2000 Pesos, 300 Gourdes, des téléphones, de deux 2 mémoires qui contenaient des données, de mon alliance, d’une gourmette, de ma valise qui contenait mes habits, d’une paire de chaussures et des sous-vêtements que ma nièce Cristelle avait envoyés pour ma mère que j’allais voir dimanche dans le Nord.

Tout au cours du périple dans une brousse, ils disaient tantôt qu’ils m’emmenaient au « Destacamiento de policia » / Commissariat de police, ou qu’ils allaient me conduire près de chez moi. Mais dans ma tête, il était clair que c’était un bluff puisqu’ils ne remplissaient pas une fonction officielle de policiers. Ils n’étaient pas non plus en uniforme. Je m’attendais à ce qu’ils m’exécutent, au pire, ou qu’ils emportent le véhicule, si j’avais de la chance. Heureusement, ils ont fait mieux. La séquestration a duré un peu plus d’une heure.

Ils m’ont tiré au sol comme un sac jetant ma trousse de médicaments, une petite bourse noire qui contenait des documents et le « backpack ». Ils ont laissé le véhicule et jeté les clefs de celui-ci dans la brousse. Je me suis levé quand ils sont repartis quelques minutes plus tard. Je ne pouvais pas retrouver les clefs. J’ai pu retrouver un téléphone qui avait un SIM Digicel et sur le roaming j’ai pu entrer en communication avec Edwin, avec qui je parlais au moment de l’attaque, et ensuite ma femme, mon cousin Salomon et Ariol. J’ai entendu jouer dans le voisinage une « Bachata ». Je pensais qu’il s’agissait d’un club. J’ai commencé à marcher et j’ai entendu quelques phrases en créole venant des habitants du lieu. Je me suis approché et tenté de parler à un Haitien. Il m’a seulement indiqué que le lieu s’appelait Combi. Rien de plus. Il s’était refusé à parler au téléphone avec Edwin. Grande méfiance. Il était 11h20 PM.

Je suis revenue à la charge. Ils m’ont ensuite dit que j’étais à Yaguate. Ma femme, Edwin et d’autres amis accompagnés de deux véhicules de la police de San Cristobal sont arrivés à mon secours plus d’une heure après… Apres 10 minutes de recherche, quelqu’un du groupe a retrouvé la clef du véhicule derrière un arbre. Nous sommes repartis en direction du commissariat de San Cristobal. J’ai pu rentrer à la maison vers 2.00 AM sans pouvoir fermer les yeux durant toute la nuit. Voila en fait un nouvel épisode dans ma vie, 4 jours avant le premier anniversaire de la mort de ma soeur Mercie Lourdes. L’important est que nous soyons encore en vie.

Source : Alterpresse

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  • Bilten Janvye-Mas 2012
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