La Déclaration universelle des droits de l’homme proclame un idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations. La Journée des droits de l’homme est un événement annuel qui sert à commémorer les victoires obtenues dans la longue lutte pour le respect de la dignité de tous les êtres humains, mais sa finalité première est d’assurer la mobilisation contre les principales menaces qui pèsent sur les droits de l’homme, à savoir la pauvreté, la discrimination, l’inégalité des genres, le changement climatique et le terrorisme. « Optez pour la diversité. Mettez fin à la discrimination » est la devise de ce 61e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle.
Elle est particulièrement pertinente dans le monde contemporain dont la diversité est plus grande que jamais. Les flux migratoires aux niveaux national et international ne cessent de croître. Des difficultés économiques persistantes, des conflits armés et des tensions entre communautés dans toutes les régions du monde poussent des milliers de personnes à abandonner leur patrie à la recherche d’un avenir meilleur.
Ces mouvements ont de profondes répercussions sur toutes les sociétés. Notre principal défi aujourd’hui est de promouvoir des relations harmonieuses entre personnes d’origine ethnique, de culture, de religion ou de croyance différente. L’ignorance et la peur, aggravées par la crise économique et financière actuelle, constituent un terrain favorable à la discrimination et à l’émergence de nouveaux préjugés. Nous ne devons pas le permettre.
Seul le respect mutuel, la compréhension, le dialogue constructif et l’acceptation du droit d’être différent nous permettrons de désamorcer les tensions et d’édifier des sociétés multiculturelles plus pacifiques.
La Conférence d’examen de Durban, organisée au premier semestre 2009, a exprimé un message de solidarité avec tous ceux qui restent exclus, marginalisés et qui souffrent de discrimination. L’UNESCO s’emploie activement à concrétiser ce message car elle est attachée aux principes de la non-discrimination et du respect de la diversité culturelle.
Promouvoir l’échange et le dialogue entre les cultures fait partie de nos grandes priorités. Le dialogue en soi nous permettra de dépasser nos différences et préjugés et de comprendre que de nombreux rêves, aspirations et défis nous unissent.
La spécificité, qu’elle soit d’ordre culturel ou autre, doit être conciliée avec le respect des libertés fondamentales. Quand l’application intégrale des droits de l’homme est en jeu, il ne saurait y avoir de compromis. Le respect de la diversité culturelle ne peut jamais justifier la violation partielle des droits de l’homme pour des raisons de relativisme culturel. C’est pourquoi l’UNESCO attache une grande importance à la clarification de la notion de droit de prendre part à la vie culturelle, qui pourrait marquer une étape importante dans la protection de la diversité culturelle et dissiper d’éventuels malentendus. Les deux autres droits relevant du mandat de l’UNESCO, le droit à l’éducation et le droit à la liberté d’opinion et d’expression, contribuent à la sauvegarde de la diversité culturelle.
La célébration en 2010 de l’Année internationale du rapprochement des cultures offre un cadre idéal pour promouvoir la tolérance, le respect mutuel et le dialogue entre les cultures. Ces valeurs sont le fondement d’un nouvel humanisme, d’une vision universelle enracinée dans un profond respect de la dignité humaine, des droits fondamentaux et de la diversité des cultures, vision qui impose à chaque être humain un sens actif de la responsabilité envers autrui et envers la sauvegarde de notre planète.
En fait, les espoirs du monde entier sont tournés vers le Sommet des Nations Unies sur le changement climatique de Copenhague. Prendre des engagements concrets envers les générations présentes et futures et apporter toute l’assistance nécessaire à ceux qui souffrent directement du changement climatique est notre responsabilité partagée. L’UNESCO contribuera activement au suivi de ce Sommet par des initiatives qui engloberont l’éducation, la culture et les sciences tout en respectant pleinement les droits de l’homme.
Conjuguons nos efforts pour réaffirmer notre détermination à faire des droits universels de l’homme un idéal commun à atteindre par tous, une réalité pour chacun.